Un galet soyeux ricoche sur le front ridé du temps.
Il n'est que de la boue durcie; elle-même née de l'eau, recyclée à l'infini, larme sur ta joue, pluie qui fait rouiller les saisons, qui érode les reliefs striés des cartes, qui irrigue les fleuves prémonitoires, dilue l'histoire, nourrit l'océan antédiluvien vers lequel nous ramène sans cesse l'archaïque mémoire.
Là, s'abîme un limon préalable. Nous y enfouissons nos souvenirs amoureux.
Là, viennent se désagréger les galets inutiles qui encombraient nos bouches maladroites.