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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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A vos yeux dessillés j'articulais des indicibles tandis que coulait entre mes lèvres empêchées le ciment sec des imaginaires. Si je demeure muré dans la brèche hivernale, appuyé contre l'abréviation des temps multiples, c'est que je vous attends, éclaircie à l'orée de vos mots, bien au delà des saisons primaires et des givres consommés.
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