Le silence dresse ses dentelles d'ardoise, offre son versant lisse aux déclinaisons ordinaires, glisse sur le vernis des pensées occluses - tandis que le côté mat, tourné vers l'obscurité, soliloque, regarde vers la terre, l'intérieur des failles, des tiédeurs nocturnes, des discours amoureux.
Un toit de secondes dévale une pente sans bruit.
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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.
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