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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Le lieu est le lit.
Le lit des fleuves élémentaires (Danube, Saint-Laurent, Amazone, Gange...) qui délavent nos terres intérieures et irriguent nos étreintes; au milieu desquels nous froissons des draps d’eau. Nous nous y débattons comme des poissons vifs éclats, puis retournons à la mer, origine nécessaire, lavés de tous soupçons, enfin dénués.
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