A 14h46 B. n'était sans doute plus dans sa grande maison en bois de Nakano-ku mais probablement à Todaï, en sécurité dans des bâtiments modernes adaptés aux secousses sismiques.
Revenue de tout, elle a attendu que ça passe, comme d'habitude.
Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.