________________________________________________________________________________________________________

Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

________________________________________________________________________________________________________
Des hommes et des femmes, fourmis sous la verrière, en partance, n'en revenant pas d'eux-même, tracent des chemins de fer dans un piétinement d'horaires, d'empressements numériques, de journaux gratuits. 
Ils ne projettent au sol aucune ombre, n'existent que par leur disparition anonyme au bout d'un quai, à l'aplomb d'un escalier, effacés d'un geste de la main dans un brouhaha inintelligible.
Finalement tout n'est qu'une question de traverses, de parallèles, de lignes de fuite, de souvenirs.
D'aiguillages.

© Copyright
Tous droits réservés