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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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J'allais à la rencontre des poissons d'argent qui grouillaient aux portes des magasins. Ils filaient d'une rive à l'autre, empaquetés jusqu'aux oreilles, se frottant les côtes sans que ne surgisse la moindre étincelle. Les passages cloutés ne les épinglaient que brièvement, puis les relâchaient en paquets nerveux sur le pont mouillé de la rue piétonne.
J'ai dépensé tout mon temps mais je n'ai rencontré personne.

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