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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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La destruction accidentelle des archives me laissait sans mémoire. J'errais dans le présent, incapable de relier les événements entre eux, de les hiérarchiser, de saisir le lien improbable qui les articulaient.
Une fois de plus, je m'en remettais au courant doux qui, à n'en pas douter, me conduisait vers un point précis dont je ne savais rien.
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