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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Le matin me surprit sur la passerelle Simone de Beauvoir. 
Je souriais aux premiers passants, gris, emmitouflés, échines courbées, pressant le pas d'une rive à l'autre comme si leur salut en dépendait: le jour avait d'abord frôlé mes épaules défroissées avant de venir s'étirer ici sur la ville blafarde, sa nuque de pierre et de zinc.
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