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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Sur le pont des Arts je regarde descendre le jour et monter une lune muette derrière la tour Saint Jacques. Les vagues de touristes embarrassent les planches, les amoureux s’embrassent, luttent au corps-à-corps contre la balustrade, les bateaux-mouches embrasent l’obscurité naissante de leurs projecteurs acérés, déchirent le paysage.
Personne ne vient seul sur ce pont. 
A la surface du fleuve j’ai cru un instant voir flotter mon indécision. 
Clapotis des sentiments.

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