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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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A Deauville il pleuvait. 
Je n'ai fait que quelques pas sur les planches avant d'être chassé par la pluie. Pluie je suis allé à Cabourg. Pensé à Cécile davantage qu’à Marcel (on a ses préférences). Elle y prenait des vacances et des amants bruns. Roulé jusqu'à Ouistreham pour voir un énorme ferry sorti de nulle part foncer résolument vers l'Angleterre et un grain menaçant. Déjeuné sur le port et sur le pouce. Les garçons de café étaient coiffés de canotiers: c'était le Beaujolais Nouveau. Je suis resté à l'eau et rentré d'une traite sous la pluie battante.
(Deauville et zeugmas)
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