________________________________________________________________________________________________________

Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

________________________________________________________________________________________________________
Elle est revenue sans transition la saison lente et douce. Les jours et les nuits se fondent dans la même pâle lumière; le temps ne compte plus vraiment ; il n’y a plus d’alternance ni de succession événementielle mais une lente érosion de l’avenir, une glissade nonchalante vers « plus tard ».
J’aime cette période de l’année, les vêtements de pluie que l’on ressort des penderies, les pulls qui ont emprisonnés dans leurs mails les parfums d’époques révolues.
Il pleut. Il vente. Je toucherai bien ta main.
(eautomne)
© Copyright
Tous droits réservés