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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Je vous tutoie pour mieux te vouvoyer.
Vouvoiement spontané, parce que je suis séduit. 
Distance que l’on ne cherche pas à réduire précipitamment, indices livrés au compte-gouttes, puzzles que chacun assemble dans son coin: le vouvoiement est un peu de cette patiente retenue. 
On a envie de poser la main doucement sur votre nuque, mais elle reste cousue au fond de la poche, on effleurerait volontiers l’intérieur de votre poignet quand vous portez une tasse de café à vos lèvres, mais on se satisfait d’imaginer une douceur satinée.
Le désir est dans la distance. Il est millimétrique.

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